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Le baby-sitter

Métier : Parents-sitter

« Etudiant sérieux et motivé donnerait cours de langues tous niveaux jusqu’à terminale. Babysitting également. » Des petites annonces comme celle-là, on en lit tous les jours à la boulangerie ou dans les écoles maternelles, pour les oublier aussitôt. Dans Le baby-sitter, Jean-Philippe Blondel a eu la bonne idée d’imaginer les effets que peut avoir ce bout de papier sur les existences qui croisent sa route. En déposant l’annonce en bas de chez lui, Alex, le héros du roman, ne s’attendait pas à ce que sa vie change ainsi ...

 

 

Etudiant en première année de fac, Alex est un jeune homme tout ce qu’il y a de plus normal : un avenir encore flou mais une grosse envie d’être indépendant et de profiter. Sauf que pour concilier ces deux objectifs, une contrainte s’impose : Alex a besoin d’argent en complément de l’aide boursière. De petite annonce en bouche-à-oreille, son emploi du temps se retrouve vite saturé, d’autant plus qu’Alex ne se contente pas de garder les enfants… Il devient aussi le confident de certains parents, presque l’ami qu’on n’attendait pas. Un soir, lors d’un babysitting, un incident amène Alex à sauver la vie du petit Emile. L’événement va resserrer les liens entre le baby-sitter et ses « clients ».

 

Le baby-sitter commence comme un récit de jeunesse un peu banal. On se dit qu’Alex manque d’originalité et que sa vie, dans une ville de province endormie, ne fait vraiment pas rêver. Puis, son petit monde se construit autour de personnalités mal assorties : c’est ce qui fait leur richesse et leur charme. Il y a Mélanie la boulangère qui « lit, parfois, et pas que des magazines people », Marc dont la femme a été mutée au loin, Irina la russe pour qui Alex a eu le coup de foudre… Le point de ralliement de ces individus, c’est Alex. Lui, persuadé « qu’il n’a aucun intérêt », se trouve une utilité à travers les autres. Son ami Bastien a bien compris la qualité première d’Alex : « Mine de rien, il reliait entre eux des gens qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Qu’il créait des fils tenus, mais réels, et que ces fils permettaient aux autres de se sentir mieux. »

 

A l’image de son héros, Le baby-sitter est un roman discret, qui pourrait presque passer inaperçu. Pour décrire la complexité des rapports humains, Jean-Philippe Blondel utilise un style simple, doux, touchant, jamais ennuyeux ; ainsi, lorsqu’Alex s’interroge sur l’avenir de sa relation avec Marion : « Est-ce que nous pouvons être un duo, c’est davantage qu’un couple, un duo, ce sont deux personnes qui ne sont pas fondues l’une dans l’autre mais qui jouent ensemble, de concert, comme ça ».

 

Malgré ses 40 ans passés, l’auteur ressuscite à la perfection les questionnements d’un jeune homme tout juste sorti de l’adolescence. Dans les dernières pages du livre, il adopte tour à tour le point de vue de chacun des adultes qu’Alex a aidés au cours de l'année. Là, le récit est à son meilleur, transmettant une émotion diffuse, et révélant de nouvelles facettes des personnages. Des personnages qui nous ressemblent dans leurs réussites et leurs difficultés. 

 

Madeleine Bourgois

dernière mise à jour : 27 février 2010
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