Boris Bergmann : "J’aimerais qu’on ne me juge plus pour mon âge ! "
Boris Bergmann

Boris Bergmann : "Je veux être jugé pour le texte, pas sur mon âge"

Boris Bergmann avait été de tous les plateaux télé il y a deux ans, à l’occasion de la sortie de son roman Viens là que je te tue ma belle. Agé de 15 ans, on l’avait associé à la vague des baby rockers : Nast, Plasticines… Cette année, il prépare le bac, mais trouve quand même le temps de publier un nouveau livre, 1000 mensonges. Ados l'a rencontré, à la sortie des cours.

 

Avec 1000 mensonges, Boris Bergmann opère un changement de style par rapport à Viens là que je tue ma belle, son premier roman. Après les expériences d'un ado en crise, fan de rock et addict aux soirées, il raconte cette fois les doutes d'un adulte. Mytho, un jeune homme déçu en amour, ment sur lui-même pour s'inventer une nouvelle vie. Sa rencontre avec Sophie va lui réapprendre la sincérité. Que se passe-t-il donc dans la tête de cet écrivain de 18 ans ?

 

Ados.fr : Quand as-tu commencé à écrire ?

Boris Bergmann  : J’ai retrouvé récemment un cahier dans lequel j’écrivais des nouvelles illustrées, lorsque j’étais en CM1… J’étais un mauvais musicien, mauvais en sport, mais j’écrivais ! J’ai d’abord voulu devenir rock critic, d’ailleurs j’ai publié quelques articles dans le magazine Rock and Folk. Et puis le roman s’est imposé.

 

Ados.fr : Avec 1000 mensonges, la pression est-elle plus forte qu’à la sortie de Viens là que je te tue ma belle?

Boris Bergmann : Au contraire, je me sens plus serein. Après Viens là que je te tue ma belle, on m’a encouragé à écrire la suite pour continuer sur la lancée de ce succès. Mais je n’avais pas envie, je voulais passer complètement à autre chose. Cette fois, j’aimerais être jugé pour le texte et pas pour mon âge. Avec mon premier livre, j’ai été l’écrivain objet de 2007. On a beaucoup parlé du roman parce que j’étais très jeune. Si l’on parle moins de 1000 mensonges, si je vends moins de livres, ce n’est pas grave. Je serai content de lire des articles qui jugent le texte pour ce qu’il est.

 

Ados.fr : En quoi ton rapport à l’écriture a changé par rapport au premier livre ?

Boris Bergmann  : Pour 1000 mensonges, il y a eu un gros travail de relecture et d’allègement. Je ne l’ai pas écrit d’un seul élan. D’abord j’ai construit un plan, puis j’ai écrit pendant deux mois, et j’ai élagué pendant deux ans ! Chaque phrase devait sonner juste, j’ai beaucoup travaillé les métaphores et les images. Par rapport à Viens là que je tue ma belle, on trouve beaucoup moins de citations, moins de name dropping. A part LadyLongSolo, les lieux dont le livre parle existent pour de vrai, mais ils sont quasiment idéalisés.

 

Ados.fr : Comment fait-on pour se mettre dans la peau d’un narrateur plus âgé que soi ?

Boris Bergmann  : Le héros de 1000 mensonges n’est pas si âgé, c’est un jeune adulte. De toute façon, pour moi, le mensonge est très important pour raconter des histoires. Ensuite, c’est tout le travail de l’imagination. J’ai voulu revisiter des grands thèmes littéraires, comme le suicide, l’inceste.

 

Ados.fr : D’où vient ce nom, LadyLongSolo ?

Boris Bergmann  : D’une nouvelle d’André Hardellet qui s’intitule Lady Long Solo. Dans 1000 mensonges, LadyLongSolo est à la fois le lieu du départ et du retour, celui de l’utopie et de l’enfermement. 

 

Ados.fr : Ton premier roman se déroulait dans l’univers du rock parisien. Aujourd’hui, quelle musique écoutes-tu ?

Boris Bergmann  : Je ne me retrouve pas trop dans la production musicale actuelle. Ce n’est pas que je suis réac, mais je préfère ce qu’on produisait à New York dans les années 70, ou en Angleterre dans les années 80. Aujourd’hui, la scène underground est passée au rouleau compresseur par les grandes maisons de disques. Bien sûr je ne dénigre pas l’apport des White Stripes ou des Strokes, que j’aime depuis longtemps. Mais par rapport à avant, les majors sont dans une logique beaucoup plus commerciale. En écrivant 1000 mensonges, j’écoutais surtout du jazz, Miles Davis. J’espère que les jeunes se remettront à écouter ça bientôt !

 

Ados.fr : Quels sont tes écrivains favoris ?

Boris Bergmann  : Parmi les auteurs français, il y a Céline, Michel Leiris, les surréalistes… En anglais, j’aime beaucoup James Ellroy, Matthew Terrence, et James Joyce, bien sûr.

 

Ados.fr : Le qualificatif d’auteur générationnel te plaît-il ?

Boris Bergmann  : Ce n’est pas à moi de décider si je suis générationnel. Je n’ai pas de message à délivrer sur notre époque, ou sur la jeunesse actuelle. D’ailleurs, je trouve ma génération très fermée. Il suffit de voir, dans la cour du lycée, les élèves se réunissent par clans qui ne se mélangent pas.

 

Ados.fr : As-tu le sentiment d'être plus mature que les gens de ton âge ?

Boris Bergmann  : Disons que j’ai eu la chance d’acquérir beaucoup d’expériences différentes, et que je cherche en permanence la nouveauté. Par exemple, j’aime autant aller à une soirée dans le 16e arrondissement que sortir à Belleville. L’ouverture d’esprit est importante pour parvenir à écrire. Bien sûr, j’ai des copains de mon âge, je vais au lycée comme tout le monde... Mais je cherche toujours à sortir des barrières sociales et de celles de l’âge.

 

Ados.fr : As-tu bien vécu d’être si exposé pour la sortie de ton premier roman ?

Boris Bergmann  : J’ai lu beaucoup de mensonges, comme quoi je vivais dans un duplex à Saint-Germain-des-Prés, que ma mère m’avait pistonné… Cela dit je ne regrette pas d’avoir été très exposé. Maintenant, je suis un peu revenu du système : les soirées, etc. Si j’en manque une, je m’en remets ! Je mène une vie normale.

 

Ados.fr : Quels conseils donnerais-tu à des écrivains en herbe ?

Boris Bergmann : Ecrire pour soi avant tout. Ne pas penser aux autres, ni à la publication… Lorsque j’écris, j’essaie de rester au dessus des contraintes, de l’argent, des articles qui sortiront sur le livre. C’est important de se maintenir dans sa bulle. J’ai écrit 1000 mensonges pendant les grandes vacances, sans aucun regard extérieur jusqu’à ce que je l’envoie à la maison d’édition.

 

Ados.fr : Ecris-tu un nouveau roman en ce moment ?

Boris Bergmann : Non, je compte prendre mon temps, attendre au moins trois ou quatre ans. Entre la préparation du bac, les concours, les articles, la musique… je n’arrête pas, et je suis incapable d’écrire un roman ! Je n’ai pas l’intention d’arrêter mes études pour me consacrer à l’écriture. D’ailleurs, je ne me considère pas encore comme un écrivain. Le vrai défi viendra avec le troisième livre, lorsqu’on ne me jugera plus du tout pour mon âge !

 

 

Propos recueillis par Madeleine Bourgois

Par Madeleine Bourgois | En savoir plus : Les débuts des stars |   dernière mise à jour : 25 janvier 2010

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