Spécial bac français : les trucs à retenir sur Les Amours - Livres | Ados.fr
Les Amours

Spécial bac français : les trucs à retenir sur Les Amours

Le courant littéraire : La Pléiade (XVIe siècle), un groupe de jeunes poètes  désireux de redorer le blason de la poésie dans une France dépourvue de tradition littéraire. Les  poètes de la Pléiade sont très influencés par l'Antiquité : ils apprennent le grec et s'imprègnent des théories humanistes. Ils se rassemblent autour de Ronsard et Du Bellay. Le grand principe sur lequel repose leur théorie littéraire  est celui de l'« imitation » des lettres antiques, pour lesquelles ces écrivains nourrissent un véritable culte. Il s'agit de lutter contre l' « ignorance », en s'imprégnant des textes de l'Antiquité, aussi bien que des poètes contemporains, italiens et néo-latins. Ronsard lui-même puise son inspiration dans la tradition du Canzoniere, un receuil de poésie du XVIème siècle du poète italien Pétrarque inspiré par la femme.

Les personnages :
Les Amours sont peuplés de figures féminines insaisissables, alors que le recueil devait, par essence, être destiné à la femme aimée. En fait, ces personnages ne sont qu'un prétexte pour le poète de déployer son talent, dans la droit lignée du pétrarquisme. Une figure se détache pourtant : celle de l'amoureuse. Derrière elle, on devine les traits de Cassandre, de Marie et d' Hélène de Surgères, trois femmes célébrées par le poète.

Comparez Ronsard à :

- Pétrarque : avec le Canzoniere, Pétrarque introduit la lyrique amoureuse dans la seconde moitié du XVIème siècle. Le thème principal est la passion du poète pour une femme, exacerbée par l'absence ou le refus de l'aimée. Le sonnet est consacré par Pétrarque comme un des grands genres de la poésie amoureuse. Le poète y fait l'éloge de toutes les qualités de la dame, image de perfection divinisée. La poésie de Pétrarque est le modèle par excellence de Ronsard, qui entend égaler, voire le surpasser dans l'écriture.

- Joachim du Bellay : l'auteur des Regrets (1558). Ronsard et du Bellay partageaient beaucoup de points communs, et se retrouvèrent à Paris où du Bellay intégra le cercle d'étudiants en humanités du collège de Coqueret, sous l'enseignement de Jean Daurat. Ensemble, ils rédigent le recueil Défense et Illustration de la langue française (1549). Mais alors que Ronsard était influencé par les grecs, du Bellay était plus latiniste.

L'argument qui tue sur Les Amours : « La poésie de Ronsard repose sur une culture de l'excellence »

Ronsard est féru de culture et d'humanités gréco-latines. Il admire aussi beaucoup Pétrarque, avec qui il entend rivaliser en terme de gloire poétique. L'érudition (la connaissance profonde de la langue, des auteurs et de l'histoire) est très importante chez les poètes de la Pléiade. Ils visent la perfection et travaillent la trame formelle et thématique de leurs poèmes. Ils cherchent la gloire et le renom poétique. Ronsard va jusqu'à imaginer sa mort, glorieuse, aux côtés d'Apollon (le Dieu des Arts et de la Poésie) ou d'Orphée (le prince des poètes).

Les citations importantes :

«Par le plaisir faut tromper le trépas» 

« Vous mesprisez nature: estes vous si cruelle / De ne vouloir aimer? Voyez les Passereaux / Qui demenent l'amour, voyez les Colombeaux, / Regardez le Ramier, voyez la Tourterelle: / Voyez deçà delà d'une fretillante aile / Voleter par les bois les amoureux oiseaux »

Les grands thèmes des Amours :

L'éloge de la beauté de la femme : Ronsard fait l'éloge de la beauté et du corps féminin. Le poète concentre généralement son attention sur un élément (front, yeux, bouche, cou, sein, etc.) qu'il compare à des éléments minéraux, végétaux ou cosmiques (le ciel, les astres). Le corps de la femme devient ici un condensé de l'univers. Il est magnifié.

L'inspiration du poète : c'est l'une des clés de voûte des théories de la Pléiade : alors que toute cette génération de poètes consacre une grande attention au travail de langue et du vers, et ne se fie pas à la nature. Son maître-mot est l'« enthousiasme », la « fureur » divine à laquelle le poète est censé s'abandonner s'il veut composer une œuvre véritable. Cette conception nouvelle de la création poétique souligne l'importance des poètes dans la société, et va de pair avec l'idée qu'ils se font du métier d'écrivain : ils visent la gloire et l'immortalité à travers l'œuvre poétique.

La fuite du temps : c'est à la fois une angoisse du poète et une invitation à profiter des plaisirs amoureux. Ce thème est très présent dans les Amours : « Pour c'aimez-moi pendant qu'êtes belle », peut-on lire dans une pièce retranchée du recueil. On songe aussi au « Carpe Diem » d'Horace, qui invite à profiter de l'instant présent.

L'erreur à éviter quand on parle des Amours : « La poésie de Ronsard est figée par son désir de perfection »

Il ne s'agit pas de se laisser enfermer dans le cadre d'une culture figée, mais de faire revivre la littérature que l'on étudie, d'en explorer toutes les possibilités. C'est pour cela que la Pléiade aborde tous les genres, de l'épopée aux formes brèves, tous les styles (sublime, moyen, bas), et tous les tons (du tragique au familier). On ne s'approprie le texte des Anciens que pour mieux le re-créer, encore plus beau, plus parfait, plus proche de l'idéal - de l'Idée même de la poésie en somme !

 

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dernière mise à jour : 30 janvier 2012
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