Fils d'un philosophe, Jean Paulhan obtient une licence de philosophie et part enseigner dès 1907 à Tananarive. Il vécut près de trois ans sur l'île de Madagascar, en exerçant ses fonctions de professeur et en se faisant, à l'occasion, chercheur d'or. De retour à Paris, il enseigna le malgache qu'il avait appris lors de son séjour, et publia un recueil bilingue de « poèmes-proverbes »,
Les Hain-Ténys. Il participe à la première guerre mondiale, au cours de laquelle il sera blessé. Il collabore ensuite à la revue surréaliste Littérature, et devient en 1920 secrétaire de la Nouvelle Revue Française, à la tête de laquelle il succèdera à Jacques Rivière en 1925. En 1936, il est nommé gérant de la NRF, tâche qu'il tiendra particulièrement à cœur. Lorsque éclate la seconde guerre mondiale, Jean Paulhan n'a d'autre alternative morale que d'entrer dans la clandestinité. Il participe à Résistance, crée en 1941
Les Lettres françaises avec Jacques Decour, et compte parmi les fondateurs des éditions de Minuit en 1942. Cette prise de position radicale ne l'empêchera pas durant l'après-guerre de soutenir des écrivains collaborateurs, s'insurgeant avec véhémence contre les faux résistants qui croient bon de les lyncher. Il ira jusqu'à publier
Céline malgré son antisémitisme assumé. En 1945, il reçoit le grand prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre. En 1953, il revient à la tête de la NRF, jusqu'alors interdite. Il est reçu à l'Académie française le 27 février 1964, et décède quatre ans plus tard.