Né de père inconnu, Charles devra son patronyme à l'homme qui, en se mariant à sa mère Suzanne Pâris en 1791, l'adoptera. Il fréquentera son club de jacobins, où il prononcera un discours républicain plein de verve à onze ans seulement.
En 1800, il se rend pour la première fois à Paris. Il y reviendra en 1801 et publie son premier roman,
Les Proscrits. Il tombe amoureux de Lucile Franque qu'il se met à fréquenter en secret. En 1803, Lucile meurt, et il est incarcéré durant trente-six jours pour son ode anti-bonapartiste, « La Napoléone ». Il s'installe ensuite à Besançon, et accusé de complot, est de nouveau arrêté.
Il s'installe ensuite à Dôle en 1808, et épouse la demi-sœur de Lucile, Désirée Charve, avec qui il partira pour les provinces illyriennes en Yougoslavie où il exercera les charges de bibliothécaire et de directeur du Télégramme Illyrien. En septembre 1813, suites aux défaites napoléoniennes, il rentre à Paris où il collabore au Journal de l'Empire.
En 1819, il entreprend la rédaction de ses
Voyages Pittoresques et Romantiques de l'Ancienne France, et le 13 juin, crée
Vampire, une pièce de théâtre. « Trilby » et le recueil « Infernalia » précéderont sa pleine adhésion au mouvement romantique en 1821, année à laquelle il se lie d'amitié avec
Victor Hugo.
En 1822, il devient bibliothécaire à la Bibliothèque de l'Arsenal, où il fonde le cénacle du même nom, qui deviendra l'un des centres intellectuels et littéraires les plus importants. Un nombre impressionnant de publications suivront. Le 26 décembre 1834, après de multiples échecs, il est reçu à l'Académie française, où il fut le partisan enflammé des candidatures respectives de Victor Hugo et d'
Alexandre Dumas (père).
Peu après la publication de
Lydie ou la Résurrection, la santé de Charles Nodier se fragilise dangereusement. Il cesse d'écrire en 1839, et le 27 janvier 1844, il décède dans dans son appartement de l'Arsenal.
Charles Nodier est l'un des précurseurs du romantisme français. Très curieux des littératures étrangères (il publia des
Pensées de Shakespeare et traduisit des ouvrages de Maturin et Goldsmith), il trouvera véritablement son ton dès 1830. [peopleAlfred de Musset[/people] et son ami Victor Hugo ont reconnu son influence prépondérante.